Vous avez 55 ans, bienvenue à ACF !

Cette contribution concerne les athlètes de 50 à 60 ans.

Quels sont les avantages de votre âge en athlétisme ?
– Un art de vie (1)
– Moins de pression (2)

Quel est le désavantage de votre âge en athlétisme ?
– Déclin de la VMA (3)
– Eviter les excès (4)

(1) – Un art de vie

A compter de 50 ans, tout athlète bénéficie d’un recul en matière sportive encore plus important que celui relaté dans la contribution précédente (40/50 ans) L’athlète devient plus lucide sur ses capacités et raisonnable pour optimiser intelligemment et dans la durée ses propres atouts.
L’analyse d’un groupe de quinquagénaires révèle une large diversité de profils. Pour éclairer ce propos, prenons simplement deux exemples très opposés.
– A 50 ans, la Slovène Merlene Ottey était toujours retenue pour participer au relais 4×100 m des Championnats d’Europe.
– A 50 ans des hommes ou des femmes peuvent à peine marcher…
De manière générale, il faut se féliciter de faire perdurer une activité sportive au delà de 50 ans. Toutes les études montrent que l’activité sportive physique régulière est plus efficace pour protéger son cœur que tous les médicaments à notre disposition.

Pour les débutants à 50 ans, il faut absolument que l’effort soit progressif avec une intensité qui monte, et sans vouloir brûler les étapes. Ensuite, il faut ménager son système ligament/tendineux pour éviter, en particulier, les risques de tendinites. Les tendons étant plus raides, ils se déshydratent plus rapidement à 50 ans qu’à 20 ans. Un entraînement et des compétitions mal gérés peuvent poser des problèmes en particulier à ce niveau. Idem pour les jours de repos ou de récupération qui doivent être mieux respectés à ces âges.

Pour les athlètes confirmés, le champ est libre pour continuer à progresser, par catégorie, dans certaines épreuves dont les performances dépendent plus spécifiquement des qualités intrinsèques : poids pour les longues distances, VMA pour le court, taille plus le plat, puissance pour les dénivelés, etc.

(2) Moins de pression

Généralement, le quinquagénaire est moins intéressé par la course aux performances. Il réduit donc son nombre d’épreuves dans l’année.
Il sélectionne des épreuves correspondant mieux à ses affinités : certaines courses bien identifiées en Ile de France, trails sympa, certaines courses de province, etc.
C’est aussi l’âge où certains athlètes, forts de leur expérience, franchissent le pas de devenir entraîneur ou de seconder les entraîneurs officiels. Ils peuvent aussi accompagner des athlètes plus jeunes, lors de compétitions, pour les soutenir moralement et les aider afin de leur faire bénéficier de leur expérience.

(3) Déclin de la VMA

Après 50 ans, la baisse de VMA est vraiment significative.
Pour les anciens coureurs, cela se traduit par un phénomène, difficile à gérer moralement, qui concerne l’évolution des bilans issus des tests de VMA.
Il faut en effet comprendre, qu’à la différence d’un test effectué en laboratoire qui mesure des paramètres physiologiques uniques, un test de VMA (quel qu’il soit), effectué sur piste, mesure la somme de deux paramètres : la qualité de foulée optimisée par l’entrainement et la capacité d’oxygénation musculaire qui est une donnée génétique.
Si le déclin objectif de ses facultés d’oxygénation est constant de la fin de l’adolescence à 60 ans, lors des tests, ce déclin est compensé largement par les gains obtenus par la qualité de l’entraînement.
En conséquence, un athlète durablement entraîné lors de la décennie 40/50 ans a pu observé une amélioration légère de ses résultats de tests de VMA successifs.
A compter de 50 ans, d’autres facteurs physiques et physiologiques déclinent à leur tour et les bilans des tests de VMA successifs s’infléchissent dorénavant négativement. De 45 à 55 ans, on peut dès perdre 2 unités de VMA (passer par exemple de 18 à 16).
Ce constat révèle objectivement au quinquagénaire son déclin.
De manière plus générale, il a été évalué qu’à compter de 50 ans, les performances de 100 m à 5000m représentent 84 % de celles relevées à sa période de « senior ».

Reste que malgré ce déclin, les valeurs absolues relevées lors des tests peuvent être élevées (> 15).
L’enjeu devient donc de freiner le déclin en entretenant ce potentiel durant la décennie suivante en agissant de la sorte :
– en entretenant sa VMA,
– en n’interrompant pas l’athlétisme (ou un sport équivalent).

Pour les nouveaux athlètes qui n’ont pas entretenu leur VMA, dans les 30 dernières années, la VMA est « effondrée ». Dans ce cas, les dernières capacités de vitesse peuvent être entretenues par des séances de VMA qui se transforment en séances de VS (vitesse de compétition) par rapport à un objectif donné.

(4) Eviter les excès

Sous réserve d’un problème pathologique avéré, rien ne contre indique un quinquagénaire à pratiquer l’athlétisme et à participer à des compétitions. Cependant l’athlète concerné doit devenir plus prudent vis à vis des efforts extrêmes, d’autant que ses capacités de récupération ont diminué.
En termes de pratique d’entraînement, il y a un décalage entre le phénomène d’allongement des pratiques et la réalité des structures du monde sportif, toujours très orienté sur la compétition. A compter de 50 ans, les vétérans qui le désirent devraient pouvoir être accueillis dans les clubs qui ont une section « vétéran ». Ce n’est pas le cas dans nombre de clubs, dont ACF.

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