Suis-je nul(le) en athlétisme ?

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Suis-je nul(le) en athlétisme ?

 

Il y a quelques semaines, une athlète du groupe 3 m’a rapporté qu’elle était venue à l’entraînement du vendredi. Mais, à la vue des athlètes du groupe 1, elle s’est sentie « nulle », selon sa propre expression. Elle s’est entrainée un peu puis elle est partie et n’est jamais revenue le vendredi…

 

Ce qualificatif de « nul(le) » m’a fait réfléchir.

 

J’ai cherché dans le dictionnaire le mot antagoniste de « Nul » et j’ai trouvé les mots « admirable », « brillant », …

 

Physiquement, bien-sûr que nous ne sommes pas tous égaux face à une pratique sportive. Il y a une différence flagrante de capacités entre un athlète de 13 de VMA et un athlète de 20 de VMA. Sur une piste, quand l’un(e) fait un tour, l’autre en fait deux…

 

Au sein même d’un groupe, il y a aussi des clivages qui s’opèrent. Il est un fait que certains athlètes, en queue de groupe lors des séries, peuvent se sentir isolés. Cela veut-il dire qu’ils sont nuls ?

 

De manière générale, y a-t-il à ACF des athlètes « admirables » et des athlètes « nuls ».

 

Analysons nos différences :

 

1) Les différences physiques

Certains athlètes bénéficient de plus de fibres musculaires rapides que la moyenne ce qui améliore leur « explosivité ». D’autres ont de longues jambes dont le bas est particulièrement fin. Or, la jambe est comme un pendule : plus il y a de poids en bas, plus il faut de l’énergie pour l’agiter. Certains sont des coureurs légers quand d’autres ont une charpente plus robuste…

Qualifier de « nul » celui qui n’a pas ces atouts physiques reviendrait à qualifier de « nul » celui qui a une petite voiture par rapport à un autre qui en aurait une plus grosse (encore que Caro m’a dit qu’elle était plutôt attirée par ceux qui avaient une grosse voiture).

Les différences physiques, physiologiques ou d’âges donnent des différences de capacités qui pourraient s’apparenter à des différences de cylindrées pour une voiture. Une compétition de F1 qui ne tiendrait pas compte des différences de catégories serait absurde.

Conclusion : comparer, sur une piste d’athlétisme, des athlètes de différentes catégories n’a pas de sens.

 

2) Personne n’est « brillant » partout.

Un spécialiste du 100 m peut se révéler relativement lent sur un marathon. Un athlète aux performances limitées sur un 10km peut obtenir un résultat remarquable sur un trail.

Dans le chapitre VI – S du livre « Cœur de fond », j’ai rédigé un chapitre qui démontre qu’en course à pied, tout physique à sa chance.

Conclusion : le soit disant « nul » d’un type de compétition peut se révéler « brillant » dans une compétition de profil très différent.

 

3) Court-on contre les autres ou contre soi-même ?

Toute compétition au sein d’un groupe n’est loyale que si chacun à sa chance. C’est la raison pour laquelle, certaines compétitions de voile, par exemple, s’effectuent avec des bateaux strictement identiques. Seules les qualités de navigation font la différence.

Conclusion : un athlète brillant est celui qui atteint son objectif par le sérieux de son entrainement, par son expérience, par sa gestion tactique de l’épreuve, pour sa force morale et le dépassement de soi.

 

Que conclure de manière plus générale ? 

A ACF, aucun athlète n’est nul. Chacun peut progresser à son rythme en fonction de ses disponibilités, de sa motivation à effectuer ou non des compétitions. Personne n’est noté, jugé ou exclu.

La simple possibilité de courir est déjà une grande chance, certains ne le peuvent pas.

Est brillant, celui ou celle qui fait le maximum de ce qu’il peut.

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