Réponses à trois questions d’athlètes d’ACF

– Concernant la rubrique « Courir, c’est le pied », tu parles de podologue du sport. Quelle différence y-a-t-il entre un podologue de sport et un podologue classique ?

Réponse : Un podologue de sport doit passer le diplôme universitaire de la podologie du sport. C’est-à-dire qu’il doit effectuer ses études dans un cursus universitaire autour des pathologies du sport. Ce n’est pas le cas de la podologie classique, où la dimension de la pratique sportive est traitée comme une option parmi d’autres, comme les soins pédicuraux, les examens cliniques, l’appareillage, etc.

Il est clair qu’en cas de difficultés au niveau des pieds, nous vous recommandons de consulter un podologue du sport.

– Quand on fait de l’athlétisme, est-il utile de se muscler le haut du corps ?

Réponse : Oui, pour des raisons différentes, parmi lesquelles nous pouvons citer :

· Pour les épreuves de courses sur petites distances, il est intéressant de muscler le haut du corps (cage thoracique, épaules et bras) pour augmenter sa puissance de lancement et de relance. On sent nettement ce besoin au moment des relances dans les séances de VMA, quand on doit « tirer sur les bras ».

· Pour les épreuves de cross et de trail, le haut du corps et en particulier les bras sont constamment sollicités pour rétablir la position d’équilibre.

· Pour les longues distances (à fortiori pour les très longues), la course en relâchement peut finir par engendrer un effet douloureux lorsque le poids des muscles et des bras de manière générale finissent pas tirer sur les tendons et en particulier ceux accrochés aux omoplates.

· De manière générale, la charpente musculaire procède d’un équilibre global. Une sur-musculation du bas du corps n’est pas compatible avec une sous musculation (excessive) du haut du corps. Ce déséquilibre peut en effet engendrer de multiples pathologies en particulier dans le dos (hernie discale, sciatique ou lombalgie)

– Je me prépare depuis des semaines pour la Saintélyon. Or, j’ai attrapé une rhino laryngo trachéite, le week-end dernier et malgré 4 jours de cortisone, 6 jours d’antibios, je ne suis pas sur pied. J’ai voulu voir mon état hier et trottiner 45 minutes, c’était pas ça… Je me suis donc résolu à ne pas m’aligner car je ne suis pas en mesure de courir les 75km. Je suis forcément déçu mais partie remise.

Réponse : Tous les athlètes d’expérience ont vécu ce genre de situation assez désagréable.

Dans une précédente contribution sur la nécessité de programmer longtemps avant les compétitions est établi le constat du faible nombre de compétitions programmables par an pour les longues distances. Et de fait, il est évidemment dommage de se préparer plusieurs mois pour « rien ».

Mais il faut relativiser les choses. Nous ne sommes pas des robots, il faut intégrer l’éventualité de ne pas effectuer une compétition au dernier moment pour x raisons (familiales, pathologiques, professionnelles, etc.). Cela fait partie de la vie. Sans oublier que nous ne sommes pas des professionnels et que notre non-participation à une épreuve programmée n’a pas d’impact sur nos revenus.

Cela signifie-t-il qu’il n’y a rien à faire ?

Nous pouvons (au moins) proposer :

1) D’être très vigilant dans les quinze jours qui précèdent une compétition, dans la période dite « de relâchement », pour éviter de tomber malade ou de se blesser.

2) D’utiliser l’acquis physique et physiologique de la préparation qui n’est pas altéré par une interruption d’une semaine.

Une programmation semestrielle ou annuelle peut intégrer ce type d’incident en définissant préalablement des plans

Par exemple, vous programmez comme objectif n°1 de participer au marathon de Paris qui a lieu le 6 avril 2014. En cas d’impossibilités finales, préparez-vous à effectuer le marathon de Sénart, le 1er mai 2014.

Cette notion de plan B peut être extrapolée dans des contextes similaires.

Par exemple, si vous avez de mauvaises sensations (ou autres circonstances qui ne vous permettent en aucun cas d’atteindre votre objectif) au départ d’une compétition, il est tactiquement préférable de décrocher de sa VS au cours de l’épreuve et de transformer celle-ci en sortie longue. Vous gardez ainsi toutes vos potentialités pour effectuer la compétition inscrite dans le plan B et atteindre vos objectifs.

L’erreur à ne pas commettre est de déployer toutes ses forces dans la première épreuve (où vous êtes en difficulté) et vous inscrire, peu de temps après, à une nouvelle compétition en espérant atteindre cette fois-ci vos objectifs.

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