Que penser de la foulée de Nathalie B ?

Nathalie B a réalisé une très belle performance aux Foulées Charentonnaises (5ème dans sa catégorie). Cependant, lors d’un échange par mails, elle m’a envoyé une photo avec cette légende : « Je t’envoie une photo sur laquelle ma réception/attaque du talon est évidente ».

Voici la photo !

Photo de Nathalie

Cette photo est intéressante car elle révèle beaucoup de choses sur la foulée/allure de Nathalie très largement à son avantage.

Pourquoi ne pas en faire une étude de cas pour le club (avec l’accord de Nathalie, naturellement) ? Si vous trouvez cela intéressant, nous renouvellerons cette expérience à partir de la photo d’un autre athlète d’ACF.

Pour commencer, (re)voyons quelques principes de base sur les aspects mécaniques de la foulée.

1) Approche théorique

La foulée est un bond compris entre deux contacts successifs avec le sol.

Scheìma theìorique de la fouleìe (1)

Phase d’appui

La phase d’amortissement commence quand le pied rentre en contact avec le sol et finit quand le CG (centre de gravité) est à l’aplomb de son pied. La phase d’amortissement détermine l’efficacité de la foulée et on essaye de la réduire car elle a une action « frénatrice ». C’est le moment où le CG cesse de descendre et commence à remonter. La phase de soutien correspond au moment où le CG est à l’aplomb du pied en contact avec le sol.

La poussée commence au moment du soutien et finit quand le pied quitte le sol. C’est le moment moteur par excellence et qui détermine la qualité et l’efficacité de l’appui.

 

La phase de suspension

Elle a 2 fonctions :

– elle va permettre de voir les efforts effectués pendant la phase d’appui,

– elle va permettre de faire des réajustements segmentaires.

On ne peut pas modifier sa trajectoire. Elle est déterminée par la hauteur de sa flèche et la portée (longueur). La portée est la distance entre chaque appui. L’angle d’envol est de 45° dans l’idéal. Plus on va vite, plus l’angle d’envol est faible, et plus l’amplitude de la foulée va être grande.

Entraînements et compétitions

Pour améliorer sa foulée, tout le travail de l’entraînement consiste à :

– augmenter la durée et l’intensité des phases motrices

– augmenter la fréquence et la longueur des foulées

– réduire les sources de freinage.

2) Les Foulées Charentonnaises

Une distance de 15 km en compétition est un peu singulière car c’est court et long à la fois. Cela se situe par définition entre le 10 km, qualifiée de distance courte, et le semi, qualifiée de distance moyenne. Un 15 km se prépare comme un 10 km mais en optimisant un temps de soutien plus grand en série et en sortie longue, sachant que la durée de compétition s’effectue entre 54’ et 1h22 pour les athlètes d’ACF (hommes et femmes confondus).

Nathalie a donc raison de s’interroger sur ses qualités de foulées car réussir les Foulées Charentonnaises nécessite d’allier deux qualités : vitesse et résistance.

3) Les qualités de Nathalie

a) Sa tenue générale : elle est droite et gainée (elle n’est ni voutée, ni désaxée, ni dégingandée). Son buste est droit * et son bassin est placé.

b) Elle est très concentrée pour gérer au mieux son allure.

c) Elle court en cycle avant. Résultat, le déroulé de la foulée est dynamique et, dans la phase d’appui, le freinage est réduit.

A noter que la femme en noir et l’homme en rouge, qui courent juste derrière Nathalie, sont en cycle arrière.

d) La longueur de sa foulée est moyenne alors que sa fréquence est rapide Cette tactique est nécessaire pour tenir un 15 km. Alors que sur un 10 km et à fortiori sur un 5 km, elle ouvrirait beaucoup plus sa foulée (comme elle le fait d’ailleurs sur piste). Ainsi, elle soutient le rythme de l’athlète au dossard 2138 (situé juste devant elle) qui a une foulée beaucoup grande qu’elle.

e) Son pied est actif (c’est un travail sur lequel Jean-Jacques a raison d’insister dans les exercices de préparation physique).

f) Concernant l’attaque par le talon, qui préoccupe Nathalie, il faut comprendre que ce n’est pas trop dommageable dans son cas pour deux raisons :

– elle est mesurée (alors qu’elle est amplifiée pour le coureur au dossard 508, situé derrière elle, son pied est très incliné).

– l’accroche légère par le talon n’est pas un facteur de frein si les capacités proprioceptrices de la plante des pieds sont préservées, permettant ainsi un déroulé complet de la foulée. En d’autres termes, le pied ne s’écrase pas par le talon mais rétablit immédiatement le déroulé par l’avant du pied (j’y reviendrai dans une prochaine tribune).

g) Son pied tombe droit (ni pronateur, ni supinateur). * Sur une autre photo prise de profil, on observe que son buste est légèrement désaxé vers l’avant (par rapport à la verticale), ce qui est un facteur d’amélioration de la cinétique de la foulée.

4) Les points à améliorer

a) Les actions de bras (son défaut principal)

Ses coudes sont trop relevés et ses bras ne sont pas dans l’axe de la course. Ses bras sont « équilibrateurs ». Ils doivent devenir propulseurs en renforçant l’action motrice et permettre ainsi un allègement de la foulée.

b) Le travail des appuis

Pour optimiser la mise en tension / renvoi, il faut continuer à travailler l’appui dans la suspension pour améliorer encore sa pose active (optimisation des qualités développées dans le chapitre 3 – f).

c) Alléger la foulée

Effectuer un travail technique pour augmenter la durée et l’intensité des phases motrices en relevant son centre de gravité * (exercices pour la détente verticale, exercices d’explosivité qui permet d’affiner les sensations d’appui, foulées bondissantes qui permet une musculation des jambes de type pliométrique).

* Un ami de Nathalie, coach sportif, lui a dit un jour qu’elle était « une vraie terrienne point
mobile bas »

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