Pourquoi est-il nécessaire de programmer les compétitions sur de longues durées ?

Aujourd’hui, nous répondrons à la question suivante de deux athlètes d’ACF (Caro et Vincent) : « Pour cette année 2014 : nous faisons la Saintélyon début décembre (75 km), le marathon de Paris début avril, et nous sommes tentés par la CCC (100 km et 5000 D+) fin août. Notre question est la suivante : est-ce raisonnable, réalisable ? Risquons-nous d’être cramés durablement par les deux premières compétitions et incapables d’en enchaîner une troisième ? »

Avant de tenter de répondre précisément à cette question, nous proposons de répondre à une question plus générale :

Pourquoi est-il nécessaire de programmer les compétitions sur de longues durées ?

Réponse : parce qu’il est démontré que s’il est possible de maintenir un état de forme optimal sur une période donnée, c’est impossible sur une saison complète.

Sans nullement épuiser le sujet qui introduit, en particulier, celui des différents modes de programmations, nous allons simplement le décliner en différents aspects à prendre en considérations :

1) Quelle doit être la durée de la programmation ?

Pas de réponse unique à cette question.

Si vos objectifs concernent des compétitions de courtes distances (inférieures à 15 km), vous pouvez programmer vos compétions :

– Sur 6 mois

– Sur une saison hivernale

– Sur une saison estivale

Si vos objectifs concernent des compétitions de longues distances (supérieures à 15 km), vous pouvez programmer vos compétions sur 1 an ou plus.

2) Ne programme-t-on que des cycles de compétions ?

Non : l’intérêt de la notion ‘’annuelle’’ réside aussi dans la nécessité de programmer des périodes de repos complets ou de sports alternatifs. L’intérêt n’est pas seulement « physique », car la préparation d’une compétition engendre toujours un conditionnement psychologique dont il faut apprendre à se dégager.

3) Combien de compétitions peut-on programmer par an ?

Il est difficile de répondre à cette question.

Pour vous faire saisir cette difficulté, il faut comprendre qu’on peut prendre en considération des paramètres différents :

– Les modèles standard

On trouve partout des recommandations du type (avec des variantes) :

5 à 6 courses de 10 km

3 semi-marathons

2 marathons

1 x 100 km

– Les « pics » de forme (variable selon les individus)

Par année, tout coureur peut envisager d’atteindre 2 ou 3 « pics » de grande forme. Tout l’enjeu de la programmation est de faire coïncider ces pics avec les dates des épreuves principales visées par le coureur. Par exemple, un, en début du printemps, un en début d’été et le dernier, en fin de l’automne.

– les opportunités de compétitions !

On n’a pas toujours le choix de programmer les compétions comme on le souhaite. Certaines dates de compétitions sont imposées : grands marathons internationaux. En outre, certaines contraintes professionnelles ou familiales limitent ces possibilités de programmation.

– etc.

4) Comment programme-t-on les phases de compétition ?

Toute compétition est précédée d’une succession de phases de travail :

– Le travail d’adaptation

– Le travail de développement général

– Le travail spécifique

– La période de relâchement

– La compétition

Cet ordre n’est pas interchangeable et il est d’une durée variable selon la nature de la compétition : de 6 semaines pour un 10km et de 20 semaines pour un 100 km (sans compter les périodes de régénération et de repos après la compétition).

5) Les courses préparatoires

Durant la préparation, le coureur a tout intérêt de participer à des compétitions dites « préparatoires » qui ne sont pas comptabilisées comme de vrais compétions correspondant à ses objectifs majeurs dans l’année.

– ces compétions peuvent s’inscrire judicieusement dans un cycle global d’entrainements : par exemple effectuer un 10km puis un semi-marathon, avant un marathon.

– ou bien, effectuer un semi-marathon, un mois avant un marathon, mais l’effectuer à vitesse marathon pour ne pas se griller (n’est-ce pas Fabrice ?)

– mais aussi se rassurer, en vérifiant que l’entraînement est efficace et/ou de le réajuster si nécessaire (cela aide à affiner la VS de son objectif)

6) Quelques remarques supplémentaires :

Bien d’autres paramètres doivent être pris en compte, non développés ici, pour programmer des compétions comme :

– Le niveau général de l’athlète

– Son âge. Après cinquante ans, le nombre de compétitions doit être pondéré.

– La fragilité de certains qui récupèrent plus difficilement de certaines compétitions longues.

– Les blessures sévères qui bouleversent une programmation.

– etc.

Pour conclure que répondre, que répondre à la question initiale de Caro et Vincent ?

La réponse est oui (connaissant les niveaux des athlètes) sous la réserve suivante : respecter parfaitement les périodes de repos et de régénération après ces compétitions majeures.

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