Pollution atmosphérique, quels risques pour les athlètes ?

 

Cette tribune aura ceci de particulier qu’elle pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponse.

Mercredi soir, quelques toux inhabituelles à l’issue de la séance n’étaient-elles pas une conséquence directe de la pollution atmosphérique ?

Habitué à courir Porte Dorée et Porte de Charenton à quelques dizaines de mètres du Périphérique, nous avons tendance à oublier son existence et son flux continu de gaz d’échappement.

Mais il y a plus grave. En apprenant que nous venons de subir cinq jours de pic de pollution, ne sommes-nous pas en droit de nous interroger sur leurs conséquences sur notre pratique sportive ?

Il faut en effet savoir qu’en cas de pollution atmosphérique, les réactions de l’organisme exposé se manifestent avec plus de rapidité et d’intensité en cas d’activité physique intense, car la réponse de l’organisme à cette pollution dépend du volume d’air inhalé, qui est fonction des activités menées :

– au repos : 6 litres par minute

– marche : 15

– bicyclette promenade : 15

– marche rapide : 30 à 40

– montée d’escalier : 30 à 40

– tennis de table : 30 à 40

– vélo intensif ou en côte : 30 à 100

– course d’endurance : 60 à 100

Sachant, néanmoins, que le volume d’air inhalé n’est pas le volume d’oxygène métabolisé. En général on métabolisme 4% du volume d’air inhalé puisque l’on rejette 4% de CO2.

Que se passe-t-il au niveau des poumons ?

Chaque poumon adulte contient environ 300 millions d’alvéoles, qui sont le lieu des échanges gazeux avec le sang (CO2 et O2). Du nez aux petites bronches, les voies respiratoires sont tapissées par :

  • des cellules ciliées (80%), qui filtrent les particules dont la taille est supérieure à 2 microns (Les particules de taille inférieure à 2 microns s’accumulent au niveau des alvéoles et peuvent y résider pendant plusieurs mois).
  • des cellules caliciformes (20%) qui sécrètent un mucus.

Le mucus englobe les particules. Les cils vibratiles font remonter le mucus chargé de particules jusqu’au pharynx où il est éliminé par voie digestive. Ce système ne permet pas de filtrer les gaz de combustion (tabac, gaz d’échappement) et les vapeurs chimiques qui atteignent directement les alvéoles.

Effet de la pollution sur les poumons ?

L’organisme à l’effort y est plus sensible car l’inhalation des polluants est beaucoup plus importante et profonde. La pollution agresse les muqueuses respiratoires provoquant une inflammation.

Comment évaluer les risques ?

Les rapports sont contradictoires.

Certains propos sont rassurants.

La pollution serait sans danger pour les athlètes, c’est ce qu’affirmait l’OMS en 2008.

Certains constats sont inquiétants.

Aux jeux de 1984 à Los Angeles, un coureur de 800 mètres Steve Ovett s’est effondré pendant la finale en raison de problèmes respiratoires liés en partie selon lui à la pollution.

En outre, quels sont les effets durables de la pollution, sachant qu’il est dorénavant établi que passer plusieurs années à Pékin favorise les chances de développer des maladies respiratoires comme l’asthme, des infections, des problèmes cardiaques et le cancer du poumon ?

Que conclure ?

Cela semble difficile. En l’état actuel de nos informations, nous proposons de ne pas refermer ce dossier et de mieux nous informer sur ce sujet.

Merci de réagir : rebol3@free.fr

Une dernière question, cependant, qui pourrait être débattue entre les entraîneurs et en AG : lors des pics de pollution, ne serait-il pas raisonnable de transformer les séances de VMA en simples sorties dans le bois ?

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