Les « défauts » de notre physique

La question de la semaine : Les « défauts » de notre physique, par Christian

Dans une précédente tribune, nous expliquions que tout physique à sa chance en athlétisme.

Aujourd’hui nous traiterons d’une question dérivée, liée au physique des athlètes.

De manière naturelle, chaque physique engendre des points faibles qu’il est intéressant de corriger à l’entraînement en début de saison.

Évidemment, chacun n’est pas obligé de se retrouver dans les tendances décrites ci-après. Il s’agit plutôt d’un principe de démonstration à adapter éventuellement à son propre cas.

 

Le défaut classique des « grands » : ne pas courir dans sa foulée !

A rythme égal, un athlète d’un mètre quatre vingt-cinq peut déployer une foulée de base d’une longueur supérieure de cinquante centimètres à celle d’un athlète d’un mètre soixante-cinq. Dès lors, la tendance naturelle est de s’appuyer sur cet avantage pour gérer à l’économie ses séries lors des séances de VMA et, de fait, brider ses capacités et courir à des pourcentages de VMA inférieurs à ceux prévus pour la séance.

Conclusion : en séance de VMA, les athlètes de grande taille doivent faire l’effort de déployer une foulée optimum.

Par contre, ce conseil ne s’applique par pour les efforts de longue durée où il convient plutôt de laisser faire la nature ; les coureurs adoptant spontanément et inconsciemment la foulée qui convient à leur vitesse de course et leur état physique.


Le défaut classique des « petits » : tout miser sur la vélocité !

A vitesse égal dans un groupe de VMA, les « petits » ont tendance à démultiplier leur rythme sans effort, c’est à dire sans ouvrir la foulée. Cette démarche n’est efficace que jusqu’à un certain seuil, où la vitesse plafonne.

Conclusion : en séance de VMA, les athlètes de petite taille doivent faire l’effort, là aussi (mais pour d’autres raisons) de déployer une foulée optimum.

Cela signifie : solliciter ses quadriceps, augmenter la durée du temps de suspension afin de permettre d’accroître le temps de récupération musculaire entre deux appuis, à chaque pose de pied, amplifier la force appliquée au sol, ce qui permet, de récupérer davantage d’énergie élastique, etc.


Le défaut des « moyens » : se disperser !

Les physiques moyens présentent l’avantage d’ouvrir des possibilités égales sur le court, le moyen et le long (alors que les grands sont avantagés sur le court et les petits sur le long).

Cependant, être bon sur toute distance ne signifie pas être excellent sur ces mêmes distances.

L’entraînement sur le court, le moyen ou le long nécessite des préparations spécifiques.

Conclusion : lors de la planification à long terme de leurs compétitions, les athlètes de taille moyenne ont intérêt à se focaliser sur des distances similaires afin de capitaliser durablement les séquences de préparation spécifiques à un type de distance. Par exemple, se spécialiser sur le court durant plusieurs années si l’athlète concerné à moins de 35 ans.


Le défaut classique des « lourds » : sous-estimer l’impact d’une surcharge pondérale !

Courir avec du surpoids n’est pas un obstacle tant qu’on prend soin de pratiquer la course à pied graduellement et précautionneusement (1). Cependant, le surpoids présente un désavantage sur le court et le long (VO2max diminuée, endurance limitée, douleurs articulaires et lombaires, risque de lésions ligamentaires, etc.)

(1) Concernant les surcharge pondérales de plus de 10-15 kg selon les gabarits, la préparation physique (avant tout entraînement ou compétition) prend ici des allures de prévention.

Conclusion : la perte de poids (surpoids) doit être considéré comme un objectif prioritaire d’entraînement.


Le défaut classique des « maigres » : tout miser sur un rendement énergétique (rapport coût énergétique/efficacité de foulée) très favorable dans l’effort !

Être trop maigre n’est pas non plus un gage d’efficacité.

Sur du court, trop de maigreur peut s’exercer au détriment de la puissance musculaire, l’un des vecteurs nécessaires au développement de sa VMA.

Sur du long, il faut des réserves de graisse adipeuse, dans lesquelles on va justement puiser pour trouver l’énergie nécessaire pour les derniers kilomètres.

Conclusion : se rapprocher de son poids d’équilibre doit être considéré comme un objectif prioritaire d’entraînement.

 

Tout cela est exprimé évidemment de manière simpliste et réductrice. Le principe à retenir est de s’attacher à limiter ou à compenser ses défauts ou ses faiblesses physiques en amont d’une saison sportive.

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