Le rôle essentiel des bras en athlétisme

Beaucoup d’athlètes imaginent que les bras ne jouent qu’un rôle accessoire dans l’athlétisme.

I – Etablissons quelques constats.

1) Mettez-vous sur une balance et balancez vos bras tendus de bas en haut. Vous constaterez une forte variation du poids affiché.

2) Des expériences de dynamique en laboratoire sur des plans inclinés variables ont montré qu’un travail approprié des bras allégeait considérablement le poids des athlètes.

3) Les sprinters ont un torse et des bras très puissants.

4) Il est impossible d’effectuer un trail en terrain très accidenté avec les bras attachés dans le dos sans tomber.

Premières conclusions.

1) La décomposition du mouvement des athlètes prouve qu’une optimisation de la foulée doit donc prendre en considération l’ensemble des forces extérieures d’interaction de la personne avec son environnement.

2) Selon le type d’épreuves (vitesse, trail, long, etc.), la sollicitation des bras est différente.

II – Applications à la course de fond

Nous n’allons traiter ici que la sollicitation des bras pour le coureur de fond (profil des athlètes d’ACF).

Notre objectif sera de doter sa gestuelle de la plus grande efficacité possible. Et ce n’est pas si évident car l’aisance de la course des enfants, à ce niveau, se perd à l’âge adulte.

A l’arrivée des nouveaux athlètes dans le club, chaque année, il est significatif de constater que chacun place ses bras de manière différente.

Première solution : on peut balancer les bras d’avant en arrière comme un sprinteur afin de soulager le travail du pied sur le sol et allonger la foulée. Efficace mais coûteux du point de vue énergétique.

A l’inverse, on peut garder les bras proches du corps et opter pour un déplacement minimaliste particulièrement peu gourmand en énergie.

D’expérience, les entraîneurs constatent qu’il n’existe pas de manière idéale de courir.

Par contre, il est possible de limiter les défauts.

III – Les défauts

Premier défaut : courir les coudes repliés

Courir les coudes repliés représente un double défaut :

– Inefficacité en terme énergétique et de qualité de foulée

– La variation délibérée de l’angle du coude commande les variations de rythmes. Or cette capacité est perdue en cas de coudes repliés.

Deuxième défaut : courir en balançant les bras vers l’intérieur

Courir ainsi engendre une déperdition d’énergie. Il essentiel d’inscrire son mouvement dans des plans parallèles à la piste.

Troisième défaut : procéder par rotations du tronc à chaque foulée comme un boxer.

Le bassin doit rester perpendiculaire à la piste. Les rotations très inefficaces en termes de foulée risquent en plus d’engendrer à termes des blessures discales.

Quatrième défaut : bouger les épaules

Ce défaut est équivalent au précédent. Les épaules doivent rester perpendiculaires à la piste.

De manière complémentaire, les poignées doivent rester souples et se positionner au-dessus du niveau de la ceinture ; les paumes des mains devant se faire face avec les doigts légèrement repliés.

 

IV – Dernières remarques

Les grands champions disent, qu’avec l’expérience, les bras prennent le pouvoir… Cette notion est très importante quand, lors d’une compétition, on veut augmenter l’allure. Le cerveau commande souvent au bras d’impulser l’accélération avant les jambes.

A l’inverse, en cas de décélération ou de passage à vide, le cerveau commande instantanément la relâche des bras afin de mieux récupérer.

Cette relâche des bras se commande en premier lieu par relâche des épaules(épaules basses – non crispées).

En matière d’accélération, il faut savoir aussi que c’est l’angle du coude qui commande les variations de rythmes. Si l’on ouvre cet angle, même légèrement, la foulée s’allonge. Et si l’on replie le bras, elle se raccourcit. Cette pratique est inconsciente.

Enfin, les poignets sont aussi des variateurs de cadences.

Si, sur une piste, vous faites remonter le poignet plus haut à l’avant et à l’arrière, cela aura immanquablement pour effet de faire aussi remonter le genou du côté opposé et, du coup, cela se traduira par une nette augmentation de la fréquence des pas. Et vice versa.

Quelques remarques, pour finir, concernant les trails et les cross.

V – Les trails

Lors d’un trail, l’objectif est différent que sur piste. Il s’agit d’abaisser le centre de gravité. L’athlète saute de rocher en rocher en écartant les bras du corps vers le bas tout en se penchant un peu en avant de façon à abaisser le centre de gravité de près de 10 cm.

VI – Les Cross

En cross aussi, les bras prennent de l’importance.

Dans un virage serré, le coureur va descendre le bras intérieur, arquer le tronc dans ce sens et porter le bras opposé vers le haut, parfois même par-dessus la tête. Il pourra ainsi se repositionner très vite dans le sens de la marche.

Ceux qui ont l’habitude de s’entraîner en pleine nature deviennent rapidement très adroits dans la façon d’anticiper les obstacles par des mouvements de bras sans jamais perdre l’équilibre.

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