La question de la semaine : Nous sommes responsables de la majorité de nos blessures en athlétisme !

Nous sommes responsables de la majorité de nos blessures en athlétisme !

En dehors des conséquences de conditions ou de pathologies dont nous ne sommes pas responsables (accidents, anomalies morphologiques, pathologies non détectées, etc.) nos blessures ont au moins 4 origines différentes qui sont de notre responsabilité :

1) Courir sur du plat.

L’être humain est adapté à la course à pied. Ce sont les caractéristiques (différentes des autres primates) du tendon d’Achille qui le prouve.

En pleine maturité de nos moyens, nous sommes adaptés pour courir :

– lentement par nos potentialité d’endurance

– rapidement par l’utilisation de nos potentialités aérobies

– très rapidement par nos potentialité anaérobie

Par contre, nous ne sommes pas adaptés pour courir toujours sur du plat.

Pourquoi ?

Parce que l’architecture musculaire est orientée en 3 D. Observez un danseur qui fait de la barre, vous constaterez qu’il peut lancer sa jambe dans toutes les dimensions de l’espace. Quand on court toujours sur du plat, la sollicitation musculaire concerne les muscles qui sont dans le plan de la course comme les quadriceps, les triceps et le tendon d’Achille.

Ceci à plusieurs conséquences négatives :

1) des déséquilibres de l’architecture musculaire (entre les muscles qui sont sollicités et ceux qui ne le sont pas, ou peu). D’autant que chaque muscle est interdépendant. Par exemple, les quadriceps, (muscles antérieurs de la cuisse) sont plus musclés que les ischio-jambiers (muscles postérieurs de la cuisse).

2) les tensions sur les adducteurs des muscles sollicités s’exercent toujours de la même manière

Les blessures que cela engendre sont généralement les suivantes : l’élongation, la tendinite d’achille, l’aponévrosite plantaire, la périostite, la fracture de fatigue et le syndrome de l’essuie glace.

Comment éviter ces blessures ?

– avant les séries sur piste, effectuer correctement la préparation physique avec les entraîneurs

– courir une fois par semaine (au moins – sorties longues) sur du terrain meuble à dénivelés

– pratiquer d’autres sports

– aller à la piscine

– faire de la gymnastique

 

2) Ne pas écouter son corps !

2-1 Signes généraux

Tout incident ou accident est souvent la résultante d’un processus qui produit, au début, des signaux d’alerte.

Prenons l’exemple de la déshydratation.

Tenir compte des premiers signes visibles : urine très jaune, absence de soif sous la canicule, augmentation anormale du rythme cardiaque, etc. font partie des nombreux signes indiquant un processus de déshydratation.

2-2 Signes personnels

Au bout de trois ans (minimum) de pratique sportive, chaque athlète finit par reconnaître et comprendre certaines réactions personnelles à tous types de préparations physiques, d’entraînements ou de compétitions.

Parmi ces signes, certains marquent des limites à ne pas dépasser en fréquence, en volume et en nature d’entraînements ou de compétitions.

Ces signes représentent une frontière de sécurité personnelle qu’il est important de ne pas franchir.

Comment éviter les accidents ?

Dans les deux cas (2-1 et 2-2), il est important de réagir prudemment aux premiers signes d’alerte ou à ses limites personnelles

3) Une préparation inadaptée

Le succès d’une saison sportive n’est pas lié au hasard. Il est le produit d’une somme importante de facteurs :

– santé physique et mentale

– en fonction de son niveau, type de préparation retenue pour son (ses) objectif(s) de compétition

– qualité de l’entraînement

– évolution judicieuse des volumes d’entraînement

– Etc

Un seul facteur inadapté pour engendrer des blessures (et souvent, l’échec de la compétition).

Par exemple : une alternance « chaotique » d’objectifs de compétition (pratique courante à ACF) ou bien une préparation inadaptée à son niveau (programme type copié sur Internet)

4) La fragilité des athlètes de haut niveau.

Le bons sens comprend intuitivement qu’un pur-sang est plus fragile qu’un cheval de labour.

Les athlètes de haut niveau s’imposent quelques fois des volumes d’entraînements trop intenses ou bien ne respectent pas les temps nécessaires de relâche ou de récupération. Ces athlètes oublient quelque fois qu’il est impossible d’être tout le temps au « top ». Ce qui est dommageable pour eux, c’est que leurs blessures sont souvent graves et invalidantes : élongations sévères ou ruptures de fatigue (os ou ligament). A leur décharge, précisons qu’il n’est pas facile de concilier performance de haut niveau et durée…

Un conseil qui pourrait être donné à ces athlètes est de prendre leur temps pour programmer de manière raisonnable leurs objectifs de compétitions, pour la saison suivante, en respectant rigoureusement les temps de relâche et de récupération.

Cette démarche et la programmation des entraînements qui en découlent ne devraient pas être effectuées seul mais en concertation avec l’entraîneur. 

Quant aux athlètes aux performances exceptionnelles, l’idéal serait qu’ils disposent d’un coach personnel qui puisse les aider à gérer au mieux cette frontière floue entre la zone potentielle de programmation d’un entraînement de haut niveau et la zone de risques de blessures.

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