Faut-il accélérer à la fin d’une série d’entrainement ou à la fin d’une compétition ?

 

Entendons-nous bien sur la notion « d’accélération ». Il ne s’agit pas ici d’un changement de rythme, par exemple : passer de 11 à 13 km/h lors d’une épreuve, quelle qu’elle soit dès lorsque la vitesse moyenne est de 12 km/h.

La notion d’accélération traitée ici concerne un changement significatif de la dynamique de foulée qui s’écarte de manière significative de la VS ou de la vitesse moyenne, soit une augmentation de la vitesse supérieure à 2 km/h (environ). Dans l’exemple précédent, il s’agirait de courir à une vitesse supérieure à 14km/h.

Considérons les différents profils d’épreuves :

1) A l’intérieur d’une série de VMA

Faut-il accélérer dans les 50 derniers mètres ?

Réponse : non

Pourquoi : parce que le gain de vitesse s’exerce au détriment de la qualité de récupération entre les séries.

Recommandation : maintenir son rythme jusqu’à 20 mètres de la ligne d’arrivée et « dérouler ! », c’est-à-dire, se laisser porter par la vitesse acquise jusqu’au passage de la ligne sans mettre d’influx supplémentaire pour accélérer.

 

2) A la fin d’une série de VMA

Faut-il accélérer dans la dernière ligne droite ? (pratique classique chez les débutants)

Réponse : non

Pourquoi : parce qu’une séance de VMA est un exercice de régulation de nombreux paramètres physiques et physiologiques. Le corps mémorise le mode de régulation des dernières séries.

En outre, une accélération trop vive fait sortir l’athlète de la filière aérobie de la séance de VMA.

Recommandation : à l’inverse d’un principe d’accélération, les dernières séries doivent être utilisées pour améliorer la qualité de foulées (les appuis, la tenue générale, le style, etc.)

 

3) A la fin d’une compétition : 5 km au 100 km, faut-il accélérer à proximité de la ligne d’arrivée ? (pratique classique chez les débutants)

Réponse : (généralement) non

Pourquoi : parce qu’en dehors des 3 cas particuliers, précisés ci-après, cela ne sert à rien.

En outre, une accélération trop vive à la fin d’une compétition peut aggraver un épuisement général, voir engendrer un malaise.

Recommandation : à l’inverse d’un principe d’accélération, là encore, il est préférable de « dérouler ! », c’est-à-dire de se laisser porter par la vitesse moyenne jusqu’au passage de la ligne.

Existe-t-il des situations où l’accélération est utile ?

Réponse : oui, dans trois cas

Premier cas : franchir une barrière symbolique de temps : par exemple : sous les 40’ au 10km, sous 1h30 au semi, sous les 3h au marathon.

Par exemple, si une VS très légèrement supérieure à 12km/h nous amène à 3h30’30’’ au marathon, une vitesse de 13,4 km/h tenue sur le dernier kilomètre nous fait passer de justesse sous la barre des 3h30.

Deuxième cas : être placé au scratch ou dans sa catégorie

Par exemple, si une VS bien tenue nous place en 4ème position, juste derrière le troisième, à quelques centaines de mètres de l’arrivée. Le principe d’une accélération bien placée et bien gérée a tout son sens pour tenter le podium.

Troisième cas : participer à un cross ou un trail.

Le succès dans ce type d’épreuve nécessite une maîtrise de changements de rythme parfois violents, qu’un entraînement adapté permet de gérer.

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