En course à pied, tout physique a-t-il sa chance ?

En course de fond, en dehors des athlètes qui ne s’intéressent qu’à la dimension « loisir », la performance est principalement basée sur la réalisation d’un  » chrono  » en compétition. Si, comme nous l’avons vu, la stratégie de course est importante, on peut tout de même extraire comme facteur déterminant la capacité du coureur à maintenir un haut pourcentage de vitesse maximale aérobie (VMA).

Cette VMA est liée aux facteurs biologiques de l’individu par le biais de sa VO2max, mais aussi au rapport poids/taille et à la foulée.
Réaliser un bon résultat sportif est avant tout le fruit d’un suivi avec sérieux d’un entraînement adapté et structuré. Néanmoins chaque individu possède un potentiel initial plus en adéquation avec certaines disciplines sportives que d’autres.
En athlétisme, l’une des dimensions de ce potentiel concerne la morphologie.
Si on extrait directement le facteur de surcharge pondéral qui constitue un handicap de performance quelle que soit la morphologie, on peut observer trois types de morphologie en matière de taille :
– les petits,
– les moyens,
– les grands.
Dans ces trois tailles, on distingue nettement les profils fins ou longiligne (définis comme « légers ») et les profils puissants (définis comme « trapus »)
En distinguant les parcours courts (de 5 à 12 km), les parcours moyens (de 15 à 30 km) et les parcours long (du marathon aux 100 km), cela représente globalement 6 catégories dans lesquels tous les athlètes d’ACF peuvent se reconnaître.

Voici quelques avantages (relatifs) de sa morphologie :
– Le « petit léger » est avantagé sur les parcours plats moyens et longs et sur les distances à dénivelés moyennes et longues
– Le « petit trapu » est avantagé sur les parcours plats courts et moyens et sur les distances à dénivelés courtes et moyennes
– Le « moyen léger » est avantagé sur les parcours plats moyens et longs et sur toutes distances à dénivelés
– Le « moyen trapu » est avantagé sur les parcours plats de toutes distances et sur les distances à dénivelés courtes et moyennes
– Le « grand léger » est avantagé sur les parcours plats moyens et longs et sur les distances à dénivelés moyennes
– Le « grand trapu » est avantagé sur les parcours plats petits et moyens et sur les distances à dénivelés moyennes et longues

Quelques constatations générales :
1) La morphologie de l’athlète a peu d’impact sur les distances moyennes.
2) Les grands sont avantagés sur du plat.
3) Les trapus sont avantagés sur les dénivelés et le court
4) Les légers sont avantagés sur le long

Quelques constatations spécifiques :

1) De manière statistique

– pour le court (10 km), concernant les 30 meilleurs chronos de tous les temps, seulement 5 de ces 30 performances ont été réalisées par des hommes de plus de 171 cm.

– pour le long (marathon), la majorité des athlètes spécialisés et performants ont une allure mince et longiligne avec une teneur en graisse réduite au minimum (8% pour les hommes et 15% pour les femmes).

– par forte chaleur, les grands sont désavantagés.

2) La position du centre de gravité influence les facteurs bio-mécaniques.
– Un centre de gravité haut (grandes jambes/tronc) est avantageux sur du plat (exemple : les kenyans)
– Un centre de gravité bas (petites jambes/tronc) est avantageux sur du dénivelé (exemple : Lionel Messi)
3) Certains facteurs complémentaires pondèrent les paramètres morphologique. Par exemple :
– les centres de gravité bas favorisent les athlètes dans les descentes ou les parcours en « montagnes russes »
– les bonnes conditions météo, comme l’absence de vent, favorisent les coureurs de grande taille.

 

Conclusion

– Le gabarit a une influence décisive sur les facteurs bio-mécaniques des champions dans leur catégorie. De fait, les champions de 1500, de 10 000 ou de marathon et à fortiori de triathlon n’ont pas la même morphologie.
– Dans la catégorie « hors stade » pour des performances moyennes, le « physique » a une influence moindre.
– Dans cette dernière catégorie, les tailles « petites » et « moyennes » semblent avantagées (statistiquement).
– Une longue pratique d’entraînement et de compétition permet de compenser un désavantage morphologique.
– Les athlètes très grands ou très petits ont plutôt intérêt à choisir des épreuves qui favorisent leur morphologie.

En d’autres termes, on peut conclure qu’en dehors des champions par catégorie, tout physique sa chance en athlétisme (hors stade).

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