Comment gérer la vitesse pure?

Mercredi dernier, les athlètes du groupe de Jean-Jacques ont eu du mal, au début, à trouver leurs marques pour une séance de vitesse au seuil anaérobie.

A – Quelques remarques générales sur l’entraînement de vitesse entre 50 et 150 m.

Il faut savoir que cette notion de gestion de vitesse pure, si intuitive chez les enfants, est en réalité des plus complexes à traiter. Cette discipline fait d’ailleurs l’objet de recherches permanentes.

Une série de vitesse ne débute pas comme une sorte « d’explosion » qui libère ensuite l’athlète un peu comme un boulet de canon. Nombre d’athlètes de catégorie « hors stade » qui n’ont pas connu préalablement la préparation technique de vitesse sur piste ne savent pas comment gérer une série rapide sur piste.

– partir extrêmement vite n’importe comment ?

– partir moyennement vite et accélérer ?

– Partir vite et relâcher graduellement sa foulée ?

– maintenir sa vitesse de départ coûte que coûte ?

Cela se traduit d’ailleurs par des temps souvent hétérogènes sur l’ensemble de la série, significatifs d’une mauvaise estimation de la vitesse au départ.

Parmi les composantes de la vitesse, il y a la vélocité gestuelle (fréquence), la vitesse maximale et son soutien dans le temps. Si ces capacités sont profondément ancrées génétiquement, la priorité d’entraînement se portera plutôt sur la force qui aura comme résultante la puissance.

Il est en effet désormais admis que les athlètes possédant dès la naissance plus de fibres rapides seront à même de produire des contractions plus rapides et plus intenses que les sportifs disposant d’une dominante de fibres lentes. L’impact de l’entraînement pour compenser un déficit de fibre rapide est controversé. Reste que, dans le meilleur des cas, il est de toutes façons limité.

C’est principalement le travail de puissance (cross, fartleck, côte, PPG, etc.) qui permet d’optimiser réellement les séries de vitesse.

Cette donnée de puissance ne peut s’exercer que sur une foulée ample. C’est la raison pour laquelle, dans le sous-groupe que j’entraîne chaque semaine, j’insiste toujours pour lancer les séries courtes par de grandes enjambées.

Il est bien évident que tout un travail technique permet aussi de gagner en vitesse. Cela concerne :

– le placement au départ

– la mise en action

– la gestion de l’amplitude

– l’allure générale

– le travail d’appui actif et dynamique

– le griffé sur la piste

– le travail de bras

– les qualités musculaires autres (travail de gainage)

– autres.

L’âge a aussi un impact extrêmement important sur le développement de la qualité de vitesse. On observe une augmentation de la vitesse pure jusqu’à 25 ans, puis un déclin sur des pentes extrêmement variables selon les individus (et leur mode de vie).


B – Alors pourquoi travailler la vitesse ?

Pour 3 raisons :

1) Indépendamment de l’âge, il est important de travailler ses fibres rapides au risque de voir s’accélérer le processus de leur déclin.

2) Les séances de vitesse pure et de résistance sont les seules qui permettent d’optimiser sa VMA (améliorer légèrement celle-ci ou freiner son déclin).

3) Le travail de vitesse améliore le métabolisme énergétique et d’autres paramètres physiologiques.

En conséquence, dans les épreuves « hors stade », le travail de vitesse est profitable dans la préparation sur tout type de compétitions (du 5 au 100 km).

Mais attention, il doit être planifié, surtout dans les phases dites de « développement général ».

C – Conseils de prudence.

Une séance de vitesse pure ne s’improvise pas. Elle doit être effectuée après un échauffement et une préparation physique suffisants, au risque de se blesser.

Enfin, à compter de 50 ans, les séances de VMA très courtes ou de vitesse à la limite de seuil anaérobie doivent être pratiquées avec l’accord d’un médecin sportif et sous le contrôle d’un entraîneur.

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