Athlétisme et ballonnements

Je me sens souvent « ballonné » lors des séances d’entrainement du mercredi et du vendredi. 

Je pense que cela est du à 2 choses (certainement liées):

– Mon alimentation : en général je mange une pomme en milieu d’après-midi (vers 16h30) pour me caler mais c’est peut être un peu tard ? Et il m’arrive de boire de l’eau gazeuse (j’essaie d’éviter). J’essaie de faire un repas équilibré le midi mais il m’arrive assez souvent de manger salade – crudités – quiche (par exemple).

– Depuis quelques temps je n’ai pas des selles régulières (1 fois tous les 3-4 jours en moyenne).

Merci pour cette question. Comme nous l’avons exprimé à la dernière AG, il n’y a pas de question secondaire, ni de sujet tabou. Tous les athlètes d’expérience savent que certains inconforts ou troubles physiques peuvent engendrer de terribles déconvenues lors de compétitions. A fortiori, si ceux-ci perdurent.

Venons-en à la question ?

« Je me sens souvent « ballonné » lors des séances d’entrainement ». Cela sous-entend-il que l’athlétisme provoque, en soi, des ballonnements ?

Non ! C’est l’inverse.

Qu’est-ce qui pourrait, dès lors expliquer cette sensation ?

Une somme de facteurs indirects comme :

– la concentration des gaz.

L’activité sportive provoque une augmentation du transit intestinal. Dès lors les poches de gaz diffuses dans l’intestin peuvent se concentrer à certains endroits engendrant ainsi une douleur diffuse.

– la pression des muscles abdominaux

Il existe cinq muscles abdominaux principaux et parmi ceux-ci, le « transverse ».  C’est le muscle le plus profond des abdominaux. Il constitue une large ceinture musculaire et tendineuse, qui comprime et soutient les viscères. Il va de la hanche et de la colonne vertébrale (lombaire et thoracique), à la ligne blanche (bande fibreuse résistance qui s’étend du sternum à la symphyse pubienne) et au pubis.

Lors des exercices de gainage ou des séances de vitesse, en particulier, la sollicitation des muscles abdominaux engendre, dans le bas ventre, une pression inverse de celle des gaz intestinaux accentuant ainsi les douleurs intestinales.

3) La constipation

La constipation est un retard dans l’évacuation des selles. Elle implique une évacuation trop faible des matières fécales, souvent anormalement dures et difficiles à expulser.

Alors que l’augmentation du transit favorisée par le sport devrait faciliter l’évacuation des gaz.  Ce processus est freiné ou bloqué par « l’encombrement » des selles sur toute la longueur de l’intestin. Ce constat est d’ailleurs rapporté à la fin de la question : « Depuis quelques temps je n’ai pas des selles régulières (1 fois tous les 3-4 jours en moyenne) »

Conclusion

La question du jour qui pouvait apparaître comme marginale touche en réalité beaucoup d’athlètes. En France, environ 1 personne sur 5 est victime de petits problèmes intestinaux. Les femmes sont 2 à 3 fois plus concernées que les hommes.

 

Et plus largement, les troubles digestifs peuvent être nombreux chez les sportifs, notamment les coureurs, quels que soient leur niveau ou leur âge : constipation, crampes, diarrhées, etc. Comme le suppute l’athlète, ces problèmes sont bien liés à une mauvaise alimentation mais aussi, éventuellement à des problèmes pathologiques (diverticulose colique, colopathies fonctionnelles, etc.)

La question du jour révèle une gène établie depuis plusieurs mois nécessite donc un diagnostic et un accompagnement médical que nous ne sommes pas habilités à établir.

Il est de toute façon nécessaire de consulter son médecin quand un problème de ce type persiste depuis plusieurs  semaines.

En tant qu’entraîneur, nous pouvons simplement exprimer les conseils suivants qui sont très généraux sur lesquels nous reviendrons dans une prochaine tribune du type :

– Manger à heures fixes de manière équilibrée, diversifiées et sans excès.

– Limiter les pratiques qui favorisent le ballonnement : chewing-gum, boissons gazeuses, etc

– Votre digestion doit être terminée au moment de l’effort. Prenez votre dernier repas au moins trois heures avant une compétition ou un entraînement. Sinon, l’énergie utilisée pour digérer risque de vous faire défaut dans l’effort…

– Vous devez éviter les aliments gras, faisandés, fermentés, épicés, irritants ou indigestes : ceux-ci risquent d’entraîner des problèmes de transit qui peuvent nuire à l’effort.

– Mangez en quantité habituelle avant une compétition. Un repas trop copieux non seulement ne vous aidera pas à faire face à l’effort, mais entraînera forcement des problèmes de digestion.

– Si vous avez prévu une collation en attendant le départ, prévoyez quelque chose de léger. Juste ce qu’il faut pour vous réhydrater et reconstituer vos réserves énergétiques, sans peser sur l’estomac.

– Malgré la pression de la compétition, essayez de vous relaxer. Le stress est néfaste à une bonne digestion.

– Buvez pour ne pas être éliminé…

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