Anémie et athlétisme

Question d’une athlète d’ACF

Je suis actuellement victime d’anémie. Quelles séances pourrais-je faire en attendant de reprendre sérieusement lorsque je me sentirai moins fatiguée (sachant qu’actuellement, je n’arrive pas à tenir en volume et en intensité les séances de VMA courtes du mercredi) ?

Actuellement je cours simplement le dimanche et je fais une sortie de 45 min avec pour finir quelques exercices de renforcement musculaire mais je sens que ce n’est pas assez, y aurait il un programme que je pourrai suivre pour retrouver une condition physique et pouvoir reprendre sérieusement l’entrainement pour attaquer la piste cet été ?

Réponse

Comme toute question relevant à la fois du domaine sportif et médical, nous nous en tiendrons ici strictement aux conseils d’entraîneurs, sachant que seul un médecin est habilité à répondre sur le plan médical.

La première réponse d’entraîneur à formuler est la suivante : cette question est bien pertinente en matière d’entraînement ou de compétition.

Pourquoi ?

Parce qu’outre l’aggravation des symptômes, ne pas en tenir compte a deux conséquences :

– difficulté (impossibilité) de réaliser certains entrainements
– impossibilité d’atteindre ses objectifs de compétitions.

De quoi parlons-nous ?

L’anémie correspond à une carence de globules rouges ou d’hémoglobine dans le sang.

La conséquence en matière sportive est la perturbation du transport d’oxygène.
Pour information (rappel) :

– les globules rouges sont des cellules sanguines qui assurent le transport de l’oxygène.
– l’hémoglobine est une protéine riche en fer qui est le principal constituant des globules rouges.

En simplifiant, les anémies sont de deux ordres

– défaut de production de globules rouges (1)

– perte ou destruction anormale des globules rouges (2)


Remarque

La pratique sportive d’athlètes victimes d’anémie de catégorie (2) dépend avant tout d’une prescription médicale.

Nous n’examinerons ici que la situation des athlètes victimes d’anémie de catégorie (1).

Ce sont les plus fréquentes, elles sont généralement dues à un manque de fer (anémie ferriprive) ou à une carence en folates (vitamine B9). C’est une pathologie très fréquente chez les femmes jeunes en période reproductive (saignements importants lors des menstruations, fibrome, stérilet…). Chez les hommes, il y a plutôt une origine digestive, hémorroïdes, etc.

Nous pouvons maintenant répondre précisément aux deux questions initiales.

Est-ce que réaliser une sortie de 45 min avec pour finir quelques exercices de renforcement musculaires est suffisant pour entretenir sa condition physique ?

Réponse : non.

En athlétisme, entretenir sa condition physique nécessite fondamentalement de travailler à sa VO2max.

Lorsqu’un coureur atteint sa VO2MAX on considère qu’il évolue à sa Puissance Maximale Aérobie (PMA). Or on sait depuis quelques années que dans certains cas, les sportifs peuvent évoluer à une puissance inférieure à leur PMA tout en étant à leur VO2MAX.

Nous allons donc tenir compte de ce constat pour proposer un protocole minimum d’entretien de sa condition physique.

Nous proposons 2 entraînements par semaine :

une sortie longue réduite de moitié en volume, par exemple 45 mn à vitesse de jogging en alternant d’une semaine sur l’autre : terrain plat et terrain en dénivellé.
Objectif : entretenir (au minimum) sa filière d’endurance

une séance de VMA courte (séance du mercredi) mais modifiée en volume

Premier exemple, le séance de mercredi dernier qui consistait en : 300 + 100 + 600 x 4 R: 100 m entre les distances et 2′ après le 600 peut se transformer en :

– 300 + 100 + 300 x 2 R: 100 m entre les distances et 1′ après le 300
– ou bien 200 + 100 + 200 x 3 R 100 m entre les distances et 40’’ après le 200

– ou bien 200 + 100 x 4 R 40’’ à chaque fois

Deuxième exemple, une séance de 12 x 300 m à 100 % de VMA peut se transformer en :

– 3 x 300 m à 92 % de VMA, 2 x 300 m à 96 % de VMA, 1 x 300 m à 100 % de VMA
– ou bien 2 x 300 m à 90 % de VMA, 2 x 300 m à 94 % de VMA et 2 x 300 m à 98 % de VMA

Ce qui est interdit : appliquer en volume et en intensité la séance officielle du club.

Pourquoi ?

En exécutant cette séance, les besoins d’oxygénation augmentent et comme l’oxygène arrive aux cellules en quantité insuffisante, l’organisme augmente son rythme cardiaque pour palier ce déficit. Cela engendre une tachycardie puis un malaise du à une hypoxie cérébrale.

Par contre, il est possible de compléter les deux séances avec des sports non intensifs : marche, balade en vélo, etc.

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