A propos des courbatures

Nous allons traiter ici d’un sujet banal, celui des courbatures, pour constater qu’objectivement cette notion de « courbature » garde encore sa part de mystère.Abordons ce thème sous deux angles, celui de ses définitions et celui de ses causes.

A) Définition

Si l’on fait une recherche sur la définition de « courbature », on constate rapidement une série de variantes :En voici simplement trois :1) courbature : douleur résultant d’un effort physique, de la fatigue et de la fièvre
2) courbature : il s’agit du résultat d’une fuite de calcium, qui va générer une inflammation. Cette fuite provient de micro-déchirures des fibres musculaires.3) courbature : il s’agit de la somme de trois facteurs :- De petits épanchements de sang provoqués par rupture des capillaires sanguins- Des micro-traumatismes entraînant une lésion des cellules musculaires. Les gaines qui entourent les faisceaux de fibres comme une fine peau peuvent être soumises à de minuscules déchirures.- Une acidose des muscles due à l’augmentation des ions H+ (ammonium)Alors que conclure en matière de définition ?Je ne me sens pas qualifié pour en confirmer une ou en énoncer une nouvelle. J’établirai simplement le constat suivant.Dans le cas de courbatures, les fibres musculaires sont lésées (à la différence des crampes), mais ces lésions ne mettent pas le muscle immédiatement en danger.
 

B) Les effets des courbatures

Si les définitions de « Courbature » sont larges, que dire de ses origines dans la littérature et sur Internet ? C’est la boîte de Pandore.En outre, parmi les dizaines d’explications rapportées, il est intéressant de relever que celles-ci sont de deux catégories différentes : celles produites par une bonne pratique sportive et celles produites par des erreurs d’entraînements.Plutôt que de tenter de « faire le ménage » dans les origines des courbatures, je crois plus utile de relater des exemples de chaque catégorie et d’apporter pour chacun des solutions.Les causes relatées ici sont issues des fiches conseil de la Fédération Française d’Athlétisme. Pour chaque cause, les réponses sont issues de mes réflexions personnelles.

C) Bonne pratique  sportive et courbatures

– La reprise ou la modification récente du sportRéponse : Les courbatures musculaires témoignent d’une adaptation du muscle à un effort inhabituel. Il s’agit d’un processus normal. – L’augmentation du nombre de séances et de leurs difficultés.
Réponse : La montée en puissance des entraînements en volume doit être graduelle. Celle-ci doit intégrer des phases de repos et de relâchement. En cas de courbatures plus importantes, il vaut mieux attendre un jour de plus, si on a mal. Ou bien faire des exercices modérés portant sur des groupes musculaires non fatigués. Par exemple un coureur courbaturé pourra faire du vélo en moulinant (inverse du travail en puissance). – Un excès de course en descente
Réponse : une compétition à dénivelés significatifs nécessite une préparation aux montées mais aussi aux descentes, car les muscles sollicités ne sont pas les mêmes.- Une accumulation d’acide lactiqueRéponse : il s’agit d’une cause erronée même si on la retrouve régulièrement comme « étant à l’origine des courbatures ». Rappelons que l’effet des courbatures est durable alors que, dès que l’entraînement est terminé, les concentrations en acide lactique tendent vers la normale. – La pratique de footing sur des sols durs (bitume, piste)
Réponse : Alterner cette pratique le week-end, par exemple, en courant sur terrain meuble et vallonné.

D) Mauvaise pratique  sportive et courbatures
– L’utilisation de chaussures usées ou inadaptéesRéponse : changer immédiatement une paire de chaussures qui perd ses qualités d’amorti ou/et porter des chaussures corrigent des défauts éventuels, diminuant ainsi les risques de lésions. – Une inflammation
Réponse : Obligation de ne pas persévérer : consulter un médecin sportif ou d’un entraîneur qualifié. – Une carence en calcium ou en magnésium.
Réponse : consulter un médecin.
– Un trouble de l’hydratationRéponse : il faut s’hydrater régulièrement et correctement. Il faut néanmoins savoir que la déshydratation est en premier lieu un facteur de crampes. – Surentraînement
Réponse : En cas de reprise, en particulier, on ne rattrape pas le temps perdu par du surentraînement. Par contre, on augmente les risques de courbatures et ses conséquences dommageables en termes de lésions.
– Etirement sur courbatureRéponse : Ne vous étirez pas (surtout de façon intense) sur les courbatures, au risque d’aggraver les micro-lésions et donc d’accentuer les courbatures.  – Douleurs articulaires
Attention à ne pas confondre courbatures et douleurs articulaires. Les douleurs de types articulaires ne sont pas également réparties dans les muscles. Elles sont situées au niveau des insertions tendineuses. Dans ce cas, le risque est beaucoup plus grand et il faut prendre avis auprès d’un médecin sportif ou d’un entraîneur qualifié.

E) La durée des courbatures
Après un entraînement classique, les courbatures se manifestent généralement durant 24h.Après une compétition (10 à semi), celles-ci se manifestent durant 48 à 72h.Après un marathon/100 km, celles-ci se manifestent durant 3 à 7 jours.Au-delà de ces délais, il vaut mieux consulter car il peut s’agir d’autres complications.
F) Conclusion
Avoir des courbatures est un processus tout à fait naturel.
Ce processus ne devient dommageable qu’à l’issue de mauvaises pratiques en matière d’entraînement.

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